Histoire géologique des Ardennes au Méso-cénozoïque

Post-Paleozoic evolution of the northern Ardenne Massif constrained by apatite fission-track thermochronology and geological data

Histoire post-Paléozoïque du nord du massif de l’Ardenne reconstituée à partir de la thermochronologie traces de fission dans les cristaux d’apatite et des données géologiques

L’évaluation des épaisseurs érodées sur les socles n’est pas immédiate car l’absence fréquente de couverture sédimentaire rend muette leur quantification sur une grande période de temps. Des méthodes indirectes comme la thermochronologie basse température permettent d’appréhender l’érosion à condition d’inverser correctement les données par modélisation. Les résultats de l’inversion ne sont pas toujours en accord avec les données géologiques ou sont trop imprécis pour être pertinents. Cette étude montre que la prise en compte de contraintes géologiques est nécessaire pour obtenir une histoire cohérente, définir l’ampleur de l’érosion et identifier la présence d’une couverture sédimentaire aujourd’hui érodée. Des données traces de fission dans les cristaux d’apatite ont été réalisées dans le nord du massif de l’Ardenne à proximité du front varisque et au sud du Massif du Brabant, en particulier sur des échantillons de cinérites viséennes. Les âges traces de fission des échantillons prélevés à la surface varient entre 140 ± 13 et 261 ± 33 Ma et la longueur des traces confinées horizontales est comprise entre 12,6 ± 0,2 et 13,8 ± 0,2 μm. L’inversion thermique de ces données a été réalisée en prenant comme hypothèses : (1) la proximité des échantillons de la surface (20–40 °C) au cours du Trias, hypothèse étayée par des témoins de couverture du Permien supérieur et du Trias au sud et à l’est du massif de l’Ardenne (grabens de la Roer et de Malmédy) ; (2) l’existence de conditions continentales au cours du Crétacé inférieur, en accord avec des âges de cette période pour des profils d’altération datés localisés dans le massif de l’Ardenne. Le résultat de cette inversion suggère des températures assez élevées au cours du Jurassique. Ces températures sont interprétées comme le résultat du dépôt d’une couverture sédimentaire qui a ensuite été érodée au Jurassique supérieur et/ou au Crétacé inférieur. Malgré la présence de quelques témoins du Crétacé supérieur (notamment dans les Hautes Fagnes), les données ne permettent pas de détecter le dépôt d’une série épaisse datée du Crétacé supérieur comme c’est le cas dans plusieurs régions d’Europe de l’Ouest. Ces résultats remettent en question l’existence de la structure positive du massif de Londres-Brabant au cours du Jurassique en identifiant des mouvements verticaux significatifs.

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