PhysicsReimagined

cadavre exquis

March 2020, it’s confinement time in France due to coronavirus. We decide to start a « cadavre exquis », between the past or present collaborators of « La Physique Autrement ». Every day a scientist or a creative person receives the production of the previous one and must be inspired by it to produce something in turn …

18 mars : Julien Bobroff, physicien

19 mars : Marine Joumard, illustratrice

20 mars, Pierre Klein, designer

21 mars, Frédéric Restagno, physicien

22 mars, Rosalie Loncin, cinéaste d'animation (et illustratrice aussi !)

23 mars, Frédéric Bouquet, physicien

24 mars, Charlotte Arene, cinéaste d'animation

25 mars, Alexandre Echasseriau, designer

26 mars, Nathalie Lidgi-Guigui, physicienne

27 mars, Marianne Cardon, designer

28 mars, Hervé Dole, astrophysicien

un texte proposé par Hervé pour expliquer son choix

Cette vidéo m’évoque, en tant que scientifique, plusieurs choses. La lumière d’abord, en tant que telle mais aussi en tant que vecteur d’information, car l’eau qui réfracte la lumière dans la vidéo engendre un léger arc en ciel qui est utilisé scientifiquement pour analyser la composition à distance des astres lointains.

Ensuite, le mouvement complexe, esthétique et poétique de ce que je crois être de l’eau m’évoque aussi la notion de déformation, ici d’une image, par l’atmosphère terrestre quand on essaie d’obtenir une image nette d’une galaxie lointaine à travers un télescope puissant.

Mais la notion de déformation peut aussi s’appliquer à l’espace-temps lui-même. Cela m’évoque donc les « rides du temps » que provoque par exemple la fusion de deux trous noirs et qui engendre la propagation d’ondes gravitationnelles, récemment détectées de manière routinière par d’impressionnants détecteurs interférométriques d’ondes gravitationnelles comme l’européen VIRGO et l’américain LIGO.

Cela m’évoque également la déformation de l’espace-temps qu’engendrent les immenses regroupements de matière avec des masses gigantesques en astrophysique, comme les amas de galaxies qui regroupent des centaines ou milliers de galaxies. Ces grandes structures, pesant plus de 10^15 masses solaires, soit de l’ordre de 10^45 kilogrammes, s’étendent sur des millions d’années-lumière et créent des images « fantômes » de galaxies encore plus lointaines : les lentilles gravitationnelles. En fait ces amas de galaxies sont composés environ à 5% de galaxies… le reste est du gaz chaud de matière ordinaire (pour environ 10%) et enfin pour environ 80% d’énigmatique matière noire.

Avec ces idées en tête, je propose une image d’amas de galaxie qui contient donc beaucoup de matière noire, de matière ordinaire et de galaxies, mais aussi qui montre la déformation de l’espace-temps sous forme de petits arcs bleutés et courbes. https://apod.nasa.gov/apod/ap190319.html © NASA/ESA Hubble Space Telescope

29 mars, Héloise Chochois, illustratrice

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